
Mon nom : Sophia Gran Ruaz, 16 ans, de Mississauga
Mon histoire :« J’avais onze ans quand ma mère et moi avons commencé à chercher des endroits où je pourrais faire du bénévolat. On nous répondait qu’il fallait avoir 18 ans pour être bénévole. J’ai donc décidé de fonder mon propre organisme de charité, que j’ai appelé « Snug-as-a-bug – Kids Helping Kids ».
J’ai toujours été peinée d’entendre parler de gens qui n’avaient pas de chez-soi. J’ai donc décidé de préparer de petits cadeaux pour les femmes et les enfants qui vivent dans des refuges. Je crois que c’est très réconfortant pour les enfants qui se retrouvent dans cette situation de savoir que quelqu’un pense à eux.
La première année, mon père et moi allions rencontrer des gestionnaires d’entreprise en personne pour leur demander des dons d’argent ou d’articles que nous pourrions utiliser. Aujourd’hui, je sollicite des dons surtout par téléphone. Nous travaillons toute l’année, et une fois l’an, nous emballons nos cadeaux – c’est ce que nous appelons le « Packing Day ».
Il y a beaucoup à faire, de l’envoi de lettres de sollicitation et de rappel aux entreprises à l’inventaire en passant par la livraison des cadeaux aux refuges. Nous offrons des cadeaux aux pensionnaires de neuf refuges à Oshawa, à Brampton et à Toronto. Nous espérons passer le cap des 10 000 cadeaux.
Je n’ai pas de contacts avec les gens qui reçoivent nos cadeaux, car l’endroit où ils habitent doit demeurer confidentiel, mais j’entends parler de leurs réactions indirectement. Une fois, on m’a remis une carte de Noël que des enfants avaient faite avec le matériel de bricolage que je leur avais donné. J’ai été vraiment touchée. »
Leçons apprises : « Mon âge a été un défi. Bien des gens se demandaient si j’étais capable de le faire. Avec mes travaux scolaires en plus, j’avais beaucoup de pain sur la planche. Mais mon plus grand défi a été de faire face au rejet quand les entreprises refusaient de nous aider. Il n’est pas facile de surmonter un sentiment d’échec et de rejet, mais je sais maintenant qu’il faut simplement continuer et demander l’aide de quelqu’un d’autre.
Cette expérience m’a appris à parler avec aisance à n’importe qui. J’ai aussi appris à gérer mon temps. Je suis devenue plus sensible aux problèmes des autres, ce qui fait définitivement de moi une meilleure personne. Je crois qu’il est important que les parents apprennent l’empathie à leurs enfants dès le plus jeune âge. »
Inspiration : « Je ne viens pas d’un milieu riche ou privilégié. On n’a pas besoin d’avoir beaucoup d’argent ou une grande famille pour aider les autres. Je n’avais aucune perspective d’aide financière quand j’ai commencé; seulement un but et ma détermination, et l’appui d’un adulte qui croyait en mon rêve. Si tu veux faire un changement positif, choisis quelque chose qui te passionne, que ce soit l’environnement, ta communauté ou une activité que tu pratiques.
Sophia a remporté le « 2007 Ontario Junior Citizen Award » de la Ontario Community Newspapers Association (OCNA), ainsi qu’un prix « 20 ados avec brio ». Elle souhaite devenir chirurgienne et poursuivre son œuvre de bienfaisance.