Inspirez-vous: Willow Dawson

Picture of Willow Dawson Willow Dawson est une dessinatrice et bédéiste qui a élu domicile au studio RAID Comics, au centre-ville de Toronto. Elle est la créatrice du tout nouveau Lila and Ecco's Do-It-Yourself Comics Club (Kids Can Press) et l'illustratrice de deux bandes dessinées primées, No Girls Allowed, rédigée par Susan Hughes (Kids Can Press) et Violet Miranda: Girl Pirate, rédigée par Emily Pohl-Weary (Kiss Machine).

Willow Dawson travaille actuellement à ses deux prochaines bandes dessinées, Hyena in Petticoats: The Story of Suffragette Nellie McClung (Penguin Canada, ETA: 2011) et 100 Mile House (dont des extraits sont publiés sur Top Shelf 2.0).

Pour en savoir plus sur Willow Dawson, visite son site Web, willowdawson.com

1. Comment êtes-vous devenue auteure et illustratrice de bandes dessinées?

Après l'école secondaire, j'ai commencé par participer à des revues et à des publications maison de collectif d'artistes. C'étaient des ramassis de mauvaise poésie, de sketches et de collages. J'avais toujours cru que je serais une artiste traditionnelle ou une art-thérapeute, mais j'ai vite compris que ce qui m'animait, c'était de raconter des histoires, et que j'étais particulièrement fascinée par l'interaction entre les images et les mots. J'avais 27 ans quand j'ai fait ma première bande dessinée… et j'ai tout de suite su que j'avais trouvé ma voie.

2. Pourquoi faites-vous des bandes dessinées pour jeunes adultes?

Ces années intermédiaires où on est pris entre le monde de l'enfance et celui des adultes peuvent être très pénibles – c'était du moins le cas pour moi et plusieurs de mes amis. J'aurais aimé, à l'époque, avoir plus de modèles sur qui prendre exemple. Pas nécessairement des auteurs, mais des personnages « cool » et réalistes dans des livres ou des personnalités historiques dont la vie m'inspire particulièrement.

Une partie du problème venait du fait que les livres me terrorisaient – les longs textes me répugnent encore – et je n'arrivais pas à demander de l'aide parce que j'étais trop timide et embarrassée. À l'époque, les écoles ne privilégiaient pas les textes avec beaucoup d'illustrations – ce n'étaient pas des livres qu'on découvrait par hasard à la bibliothèque. Les choses ont changé maintenant, et j'espère faire une contribution appréciée au nombre de plus en plus grand de romans illustrés et de bandes dessinées destinés à des jeunes qui sont dans le même bateau que celui où j'étais à leur âge.

Cover of No Girls Allowed

3. Quand vous travaillez à une bande dessinée, comment se déroule une journée typique?

Il n'y a rien de vraiment typique quand on est auteur ou illustrateur, car on a toujours un million de choses à faire en même temps, et les échéances sont souvent très serrées. Je vais à mon studio presque tous les jours, et je commence par répondre à mes courriels. Après, la journée peut prendre n'importe quelle forme selon le travail que j'ai à faire, pour qui et pour quand. Certains jours, je dessine, je peins ou j'écris; d'autres, j'enseigne, je vais à un salon du livre ou de la bande dessinée, je rédige une demande de subvention, j'ébauche un projet, je négocie un contrat ou je fais de la comptabilité.

4. Votre éducation vous a-t-elle préparée à devenir auteure et illustratrice de bandes dessinées? Avez-vous trouvé certaines expériences particulièrement utiles pour vous préparer à cette carrière?

À l'école, j'ai appris le métier d'illustratrice — aucun des cours du programme ne portait sur la narration visuelle (bandes dessinées et romans illustrés) ou sur l'écriture. Mes études m'ont permis d'acquérir des connaissances techniques (comment dessiner ceci ou cela, comment créer une métaphore visuelle, etc.), mais elles ne m'ont pas vraiment préparée à la réalité d'avoir à me motiver et à trouver du travail moi-même. Honnêtement, je ne crois pas qu'il existe un programme qui puisse nous préparer à cela – on apprend par l'expérience.

J'ai publié moi-même et j'ai pris l'initiative de participer à des salons de la bande dessinée, ce qui m'a beaucoup aidée à me faire connaître. Kids Can Press a vu certaines de mes bandes dessinées auto-éditées et m'a invitée à illustrer No Girls Allowed dès que j'ai obtenu mon diplôme.

5. Lorsque vous commencez un nouveau projet, comment trouvez-vous vos idées? D'où tirez-vous votre inspiration?

Certaines idées me viennent après des conversations stimulantes avec des amis, ou quand j'écoute de la bonne musique, un podcast intéressant ou un livre parlé. D'autres me viennent de mes recherches et de mes expériences personnelles. Il y en a qui viennent de je ne sais où, elles semblent tomber du ciel comme des petits oisillons de leur nid.

Dans tous les cas, mes idées ou mon inspiration sont le fruit des choses qui me passionnent le plus. Tous les artistes, qu'ils soient écrivains, musiciens, etc., ont une curiosité infinie et insatiable pour le monde. C'est cette curiosité, cette ouverture aux expériences nouvelles, qui donnent aux idées l'espace dont elles ont besoin pour venir au monde et prendre forme.

6. Certains jeunes adultes se sentent obligés de lire des « classiques » – Shakespeare, Dickens, Jane Austen – qui ne les intéressent pas. Est-il important que les jeunes adultes lisent des « classiques »? Qu'auriez-vous à dire aux jeunes qui trouvent ces livres ennuyeux ou trop éloignés de leur réalité?

Je n'ai jamais trouvé ces livres et ces pièces intéressants ou utiles. C'est probablement pourquoi je n'ai jamais appris à lire correctement. Ils sont terriblement dépassés, certains depuis… des siècles en fait! Je comprends que le message qu'ils transmettent est ce qui est le plus important, et qu'il vaut peut-être encore de nos jours, mais je pense que ce n'est pas une raison de ne pas réviser le curriculum pour le rendre plus actuel et plus conforme aux besoins des étudiants d'aujourd'hui.

Le meilleur conseil que j'aurais à donner aux jeunes qui sont obligés de lire des classiques, c'est de se rappeler qu'ils ont le droit de ne pas les aimer! Qu'ils disent à leurs professeurs pourquoi ils n'aiment pas tel ou tel texte, et ce qui leur plaît dans une histoire ou un personnage. Cela peut prendre du temps, mais les conseils scolaires sont à l'écoute. Les choses ont déjà beaucoup changé depuis le temps où j'allais à l'école!

7. Avez-vous des conseils à donner aux auteurs ou bédéistes en herbe?

Dessine, dessine, dessine! Écris, écris, écris! Et surtout, publie tes œuvres! L'Internet est un moyen facile et peu coûteux de se faire connaître, et les éditeurs aimeront voir tes idées et ton style évoluer avec le temps.

Aussi, écris seulement sur des sujets qui te passionnent vraiment ou qui te touchent profondément. Autrement dit, n'écris pas des histoires de vampires, de superhéros ou de guerre juste parce que tu crois que ce sont des sujets populaires. Si cela ne vient pas du cœur, cela aura l'air forcé et sans inspiration. Ce ne sera certainement pas ta meilleure œuvre.

8. Quel est votre livre pour jeunes adultes préféré?

Skim de Mariko Tamaki et Jillian Tamaki serait parmi les premiers sur la liste, avec tous les livres de Lia Block et de Cecil Castellucci d'ailleurs. Persepolis de Marjane Satrapi et King de Ho Che Anderson (excellents, pour les lecteurs un peu plus vieux cependant) font aussi partie de mes préférés.

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